Est-ce vraiment beau d’être bronzé ? Une question à se poser sérieusement lorsqu’on sait que le bronzage est avant tout le signe que la peau a été agressée par le soleil et que, en répétant ces agressions, on multiplie les risques d’un cancer de la peau…
Par Patricia Bernheim

Entre 1990 et 2004, dans le seul canton de Genève, la fréquence du mélanome a augmenté de 120% chez l’homme et de 90% chez la femme, ce qui correspond à 70 nouveaux cas par an chez les hommes et 70 chez les femmes.
En Suisse, ce sont 1500 nouveaux cas de mélanome qui sont diagnostiqués chaque année. Aujourd’hui, on sait que les UVB et, dans une moindre mesure, les UVA, jouent un rôle prépondérant dans le développement des cancers de la peau. Il en existe trois principaux types : le carcinome basocellulaire, le carcinome spinocellulaire, les formes les plus fréquentes sous nos latitudes, et le mélanome, la forme la plus grave, plus rare, qui représente environ un cas de cancer de la peau sur neuf. On sait aussi que les quantités d’UV reçues du soleil ou de lampes UV s’accumulent au fil des ans, augmentent le risque de cancer et accélèrent le vieillissement de la peau.
En mars dernier, les experts réunis pour le congrès de l’Académie américaine de dermatologie ont défini les facteurs de risque de mélanome. Chacun de ces facteurs de risque agit de façon indépendante et est susceptible de multiplier par deux le risque de mélanome. Mais il faut savoir que ces risques sont cumulables et se potentialisent. Ainsi, le fait de présenter deux de ces facteurs multiplie le risque par 10, et par 20 si l’on en présente trois.
Si vous présentez un ou plusieurs de ces facteurs, une auto-inspection très régulière de votre peau s’impose. Les tumeurs cutanées dépistées précocement étant aisément guérissables, consultez également un dermatologue une fois par an.